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Disponible depuis quelques jours sur PS4, Xbox One et PC, Resident Evil 7: biohazard était particulièrement attendu par les possesseurs du PlayStation VR. La sortie du jeu de Capcom est en effet un événement puisqu’il s’agissait certainement du titre le plus attendu de ce début d’année 2017 sur le casque VR de Sony. Nous avons pris notre courage à deux mains et nous nous sommes lancés dans l’aventure en réalité virtuelle du début à la fin.

La saga ose la réalité virtuelle

Alors que certaines grandes séries du jeu vidéo comme Call of Duty ou Star Wars Battlefront n’ont fait que proposer des expériences VR sans trop d’intérêt, Capcom a fait le pari de jeter complètement ce Resident Evil 7: biohazard dans le grand bain de la réalité virtuelle. Le titre peut intégralement être parcouru en VR et le joueur peut choisir à tout moment de jouer avec ou sans son casque. Un pari osé puisque cette décision a contraint les développeurs à passer le jeu en vue FPS et à abandonner l’habituelle vue à la troisième personne, au grand dam des puristes. Pour nous autres possesseurs du PlayStation VR, cette décision est en tout cas la preuve qu’un éditeur de premier plan comme Capcom croit au potentiel de la réalité virtuelle dans le jeu vidéo. Et quoi de mieux qu’un jeu d’horreur pour cela ?

Après 20 ans de vadrouille dans divers pays du monde, la franchise Resident Evil revient au cœur des Etats-Unis et nous emmène en Louisiane, un état aux plantations immenses, fermes isolées et plans d’eau lugubres. Vous l’aurez compris, un endroit idéal pour se faire peur. Notre héros Ethan Winters s’y rend non pas pour de paisibles vacances mais à la recherche de sa femme disparue et qui lui a laissé un message indiquant qu’elle se trouvait dans une ancienne et sinistre ferme. Ethan y fera la connaissance de la très étrange famille Baker.

Déplacement robotique

Dans ce test, nous nous attarderons uniquement sur l’aspect VR du jeu puisque nous avons décidé de vivre intégralement l’aventure avec le casque. Une fois cette option choisie au lancement du jeu, un rapide tutoriel vous est proposé pour vous familiariser avec les commandes et surtout définir les options de déplacement. De plus en plus, et afin de s’adapter aux réactions différentes des joueurs face aux nausées pouvant être causées par la VR, les développeurs intègrent plusieurs choix pour que chacun y trouve son compte. Les paramètres par défaut sont les plus sécurisant possible pour éviter de se sentir mal. Tout comme pour Robinson: The Journey par exemple, chaque à-coups latéral sur le stick droit de la manette fera tourner votre personnage de 30°. La vitesse de déplacement du héros a été également mise par défaut sur lente. Nous avons pour notre part commencé avec ces paramètres avant de passer à 45° par coup de stick et une vitesse de déplacement un peu plus rapide. On pourrait penser que ces options fragilisent l’expérience du jeu mais l’immersion apportée par le casque et l’ambiance du jeu, sur laquelle nous reviendrons, font presque oublié que vous vous déplacez comme un automate.

Des choix qui nous ont en tout cas permis d’obtenir un confort de jeu et de réaliser des sessions de 2h consécutives sans aucun soucis. Pour les moins sensibles aux nausées, il est également possible de jouer à la façon d’un FPS lambda avec des déplacements fluide mais cela ne nous a réussi que quelques minutes avant de devoir stopper.

Courage, fuyons

Le scénario démarre lorsque Ethan arrive à la ferme des Bakers, une bâtisse sombre et délabrée qui n’augure rien de bon. Même aidés par la PS4 Pro sur laquelle nous avons réalisé le test, les graphismes en extérieur ne sont clairement pas exceptionnels comme nous aurions pu le penser plusieurs mois après la sortie du PlayStation VR. Heureusement, l’atmosphère plus sombre de l’intérieur de la maison permet d’améliorer les choses et le ressenti de ce point de vue là.

Pour ceux qui auraient peur de se faire peur avec ce Resident Evil 7, nous n’allons pas les rassurer. Dès les premières minutes du jeu, l’ambiance de cette maison dérangeante vous contraint à progresser avec vigilance et à regarder régulièrement derrière vous. Le sound-design est une véritable réussite avec les bruits de portes qui claquent, le plancher qui grince ou encore de drôles de murmures. Les développeurs de ce nouveau Resident Evil ne sont heureusement pas tombés dans le piège des Jumpscares à tout va et ont savamment orchestré la peur avec des mélanges d’ambiances parfois oppressantes mais aussi parfois plutôt rassurantes. Du côté des jeux de lumière également, le travail est assez impressionnant. Un petit moustique volant près d’une source de lumière devient vite une ombre dérangeante sur le mur opposé. Petit bémol en revanche lors du passage d’une pièce à l’autre où le changement de luminosité vous plonge parfois dans le noir avant d’éclaircir à nouveau votre vue.

Vrai Resident Evil ou non ?

Depuis la sortie du premier Resident Evil sur PlayStation, la série a eu plusieurs visages et les derniers épisodes sont loin d’être ceux qui ont le plus marqué. Rassurez-vous, ce Resident Evil 7: biohazard nous gratifie de nombreuses références cinématographiques et vidéoludiques sans pour autant faire du fan service. Sur de nombreux points, on retrouve même des codes que ceux du premier opus. L’ambiance fermée de la maison des Bakers évite au scénario de trop se disperser. La dernière partie de celui-ci est en revanche plutôt décevante et sans tomber dans le spoil, on se demande un peu ce qu’elle vient faire là. Les différentes difficultés du jeu vous donneront plus ou moins de munitions, de pack de santé et de fil à retordre face aux différents ennemis. Nous n’avons cependant manqué qu’une seule fois de munitions pendant toute l’aventure en difficulté normale.

On retrouve également un petit côté RPG avec la fabrication d’armes et d’objets en ramassant ici et là des ingrédients à combiner. Votre inventaire restreint vous obligera toutefois à faire des choix comme par exemple ramasser des munitions ou de l’herbe pouvant servir à fariquer un pack de soin. Heureusement, les points de sauvegarde sont plutôt bien pensés et permettent de vous sécuriser à l’approche de grosses difficultés. Et on peut dire que Resident Evil 7 en comporte quelques unes en plus des petits casses têtes à résoudre durant la dizaine d’heure de jeu.

Nous avons aussi grandement apprécié les quelques VHS que l’on peut trouver dans la maison et qui permettent de revivre des événements du passé. Vous prenez alors les commandes d’un autre personnage pour vivre son expérience où la fuite et les parties de cache-cache sont plus au menu que l’action pure. Des phases intéressantes qui permettent en plus de varier les situations. On espère en revanche que Capcom corrigera par un patch les longs temps de chargement à chaque “visionnage” de ces VHS.

NOTATION
TEST Resident Evil 7: biohazard
8
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