Red Storm, le studio à l’origine de la licence Rainbow Six, sort un jeu « VR only » dans l’univers de Star Trek sur PlayStation VR, Oculus Rift et HTC Vive. C’est cette dernière version que nous avons testé. Le concept est de vous emmener sur le pont du vaisseau USS Aegis dans la peau de son équipage. 

Ce qui frappe en premier, c’est la qualité de l’ensemble. On sent qu’il y a un vrai travail sur les finitions, la localisation est par exemple totale, tous les textes et les dialogues sont en français, la présence de tutoriels complets et bien faits, ergonomie des menu, ambiance immersive, etc. Tout est très agréable !

La création de l’avatar est assez poussée malgré que l’on ne puisse pas se voir.

Après une première étape de création de votre avatar, direction l’académie où l’on vous apprend comment gérer un vaisseau. Le pont se compose de 4 postes principaux : le commandant, le timonier, l’officier tactique et l’ingénieur. Chacun a accès à des fonctions spécifiques pour gérer le vaisseau, accessibles par le pupitre tactile. Une fois la formation à l’académie terminée, direction la salle de briefing pour choisir les missions. Le jeu est conçu pour pouvoir jouer à 4 en coop. Pour cela, un micro est obligatoire. Le matchmaking est plutôt bien pensé car il est possible de rejoindre une partie au hasard, de créer une partie privée avec ses amis ou encore de jouer seul avec des personnages gérés par l’IA. Ayant obtenu le jeu avant sa sortie commerciale, nous avons joué en solo pour en faire le test. Qu’à cela ne tienne, nous nous entendons très bien avec notre PC !

Nous voilà donc partis pour l’aventure. Les premières minutes sur le pont sont jouissives, on s’y croit vraiment ! On observe, on jubile, on écoute les membres de l’équipage ! Et puis notre professionnalisme prend le dessus et on prend connaissance des détails de la mission avant de se mettre en branle.

Le commandant a une vision générale de la situation et c’est le seul qui peut avoir une vue extérieure globale. Le timonier pilote le vaisseau et est chargé de définir les caps lors des sauts spatio-temporels. L’ingénieur s’occupe de gérer la répartition de la puissance et les réparations. L’officier tactique gère les armes et les cibles. Cette liste est volontairement rapide et ne reflète pas toutes les finesses des tâches de chacun.

Le jeu solo n’est pas aussi limité qu’on pourrait le penser car un système d’ordre a été mis en place. Il permet de donner des ordres généraux (« engager la cible ! ») où chaque poste agira en conséquence, ou encore de donner des ordres spécifiques à chaque NPC, ce qui permet d’effectuer des tâches en parallèle (le timonier prépare le saut pendant que l’officier tactique téléporte les survivants de la station). Et si jamais l’IA reste récalcitrante à comprendre votre ordre pourtant clair, vous pouvez à tout moment prendre la place de chacun des autres membres d’équipage pour faire les choses. Comme dit le proverbe, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Un système d’ordres, bien pensé, pour les IA en solo

Le but du jeu est donc de gérer l’USS Aegis afin d’effectuer des missions qui vous sont confiées par Starfleet. Du sauvetage de vaisseaux en perdition jusqu’à une expédition musclée chez nos copains Klingon, les missions sont plutôt bien scriptées. Si au début c’est assez facile et répétitif, les choses deviennent plus délicates lors de la progression. A ce moment, l’échange entre les membres d’équipage devient un vrai enjeu ! Est-ce qu’il reste suffisamment d’énergie au phaser pour continuer le combat ou est-ce qu’on commence à programmer le saut pour la retraite en mettant le boost sur les boucliers ? Est-ce qu’on prend le risque de laisser les bouliers baissés encore un peu pour téléporter le derniers survivant de la station ou est-ce qu’on l’abandonne pour avoir une chance de pouvoir survivre aux assauts en les réactivant ? Les choix ne sont pas forcément évidents et la situation va dépendre de l’habilité de chacun à gérer son poste.

Aie ! Ne me cachez rien, il est arrivé quelque chose à mon vaisseau !

Pour les nostalgiques, les développeurs ont bien sûr prévu la possibilité d’effectuer des missions dans l’Enterprise des origines. Ambiance sixties assurée !

Il faut bien trouver des petites choses à critiquer et nous pouvons pointer 2 petites choses. La première concerne le moteur graphique qui est parfaitement optimisé pour la VR avec des modèles assez simples pour garantir la fluidité et pour s’adapter aux caractéristiques techniques des matériels. On aurait aimé pouvoir avoir par exemple une option de sur-échantillonnage pour améliorer le rendu sur des machines puissantes.

La deuxième, mais là vous allez dire qu’on est tatillon, c’est que la position des mains VR ne fait pas très naturelle. On dirait que notre double VR est frappé d’arthrite. Mais ce n’est pas qu’esthétique car du coup, pour appuyer sur certains boutons, le repérage est parfois peu précis. (Le nombre de fois où j’ai déclenché l’alerte rouge en voulant décrocher le visiophone ! Heureusement sans conséquences, mais si vous jouez avec des joueurs que vous ne connaissez pas, votre crédibilité peut en prendre un coup ^^)

Si vous aimez les dogfights spatiaux où on se contente de tirer en grommelant, vous allez en tout cas être déçus et il faudra se tourner vers d’autres titres. Star Trek: Bridge Crew nous fait plutôt penser à un bon vieux jeu de rôle papier où la part belle est faite à la réflexion collective afin d’enchaîner les tâches au mieux pour résoudre les situations.