On s’attarde aujourd’hui sur le jeu Cities: VR qui vient de sortir en exclusivité sur Meta Quest 2 au prix de 29.99€. Il s’agit d’un jeu de construction et de gestion de ville en réalité virtuelle basé sur le célèbre jeu PC Cities: Skyline sorti en 2015. Un genre nouveau pour la réalité virtuelle et pour le quel nous verrons si la VR est adaptée et si ce jeu fait honneur a la licence qui est une référence sur PC.

Le Test vidéo

Si Cities: VR est géré par le même éditeur que Cities: Skyline, le développement a par contre été confié à un studio VR expérimenté, Fast Travel Games, qui a déjà à son actif des jeux comme Apex Construct ou Wraith The Oblivion: Afterlife. Première excellente nouvelle, le jeu est intégralement traduit en français et de façon très réussie, ce qui n’est pas toujours le cas pour un jeu VR.

Lors de la création de votre première ville, le jeu vous proposera de vous accompagner avec un didacticiel plutôt réussi qui vous montrera les différentes commandes pour vous déplacer, changer de vue, accéder aux différents menus et surtout construire vos premiers bâtiments.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce genre de jeu, il ne vous suffit pas de construire à tout va puisque de nombreux paramètres sont à prendre constamment en compte. La base étant de raccorder toutes vos constructions à un réseau électrique alimenté par des éoliennes ou des centrales. C’est également le cas pour le réseau d’eau et d’assainissement qui doit être relié à une station de pompage et à la mer. Mais attention aux nuisances, provoquées par une éolienne ou une décharge trop proche de maisons, cela influera sur le développement de vos quartiers résidentiels. Vous apprendrez au fur et à mesure que vous devez penser à énormément de choses dès vos premiers coups de pioche sous peine de devoir détruire et reconstruire. On pense également au réseau routier qui pourra être très vite encombré si vous construisez uniquement une simple voie double sens pour entrer et sortir de votre ville ou accéder à une zone industrielle. Pour développer toujours plus votre cité, vous devrez ensuite penser aux ordures, aux soins, à l’éducation, la sécurité. Mais comme dit le proverbe, Rome ne s’est pas construite en un jour ! 

9 maps différentes de 2 km² contre 17km² sur Skylines sont pour le moment proposées dans ce Cities: VR. Une différence de taille qui est certainement due à la puissance limitée du Quest 2 par rapport à un PC. Le jeu vous laisse le choix de vous lancer avec un déblocage progressif des constructions ou à un accès à l’ensemble de celles-ci dès le début de votre partie. Si vous débutez, nous vous conseillons la première option puisqu’elle vous permettra de ne pas trop flamber en construisant des bâtiments et infrastructures au-dessus de vos moyens. Il est également possible de jouer avec des fonds illimités.

Car oui, il y a évidemment une dimension économique très importante dans le jeu. En tant que maire, vous disposez d’un budget initial pour construire votre ville mais il faudra ensuite vous débrouiller pour que les impôts, et donc le nombre de vos habitants, finance vos dépenses que sont les constructions, les frais de fonctionnement de vos centrales, écoles, hôpitaux etc…Vous pourrez visualiser en permanence et en temps réel vos profits ou vos pertes en tournant légèrement votre manette gauche vers l’extérieur. Si le chiffre est positif, c’est que votre ville gagne de l’argent. S’il est négatif, c’est que vous creusez votre déficit au risque de ne plus pouvoir rien construire si cela dure trop longtemps. A tout moment, vous pourrez mettre le cycle du temps en pause pour éviter de continuer à perdre de l’argent le temps de réaliser des ajustement. Au contraire, vous pourrez aussi accélérer le temps pour augmenter vos rentrées d’argent si vous avez un bilan positif. L’accélération du temps se fait en restant appuyé sur le stick gauche mais contrairement au jeu sur PC, vous ne pouvez pas forcer cela sur une longue période. Si vous n’avez presque plus d’argent à disposition mais que votre bilan est positif, vous devrez rester appuyer sur le stick de très longues minutes pour voir vos caisses se renflouer.

Sur la partie de visualisation rapide, vous verrez aussi d’un coup d’œil votre nombre d’habitant et sa tendance haussière ou baissière ainsi les besoins de votre ville en quartier résidentiel, commerce ou industrie. 

Les habitués des jeux de gestion quels qu’ils soient savent que le plus important est de pouvoir accéder à de nombreux indicateurs et paramètres facilement, encore plus lorsque qu’il est question d’une ville. S’il est assez facile de surcharger la vue d’un jeu sur PC avec des paramètres et des menus dans tous les coins, nous avions hâte de voir si les développeurs avaient réussi à concevoir un système pratique à utiliser en réalité virtuelle. Il s’agissait certainement de leur plus gros défi. Ils sont donc partis sur une utilisation différente de chacun des contrôleurs du Quest 2. Alors que le contrôleur droit est utilisé pour vous déplacer sur la map, changer de vue, sélectionner des bâtiments et construire, celui de gauche est en quelque sorte la palette de peintre avec tous vos outils. Vous avez même 3 palettes différentes dans votre main gauche, une pour la construction, une autre pour la gestion de votre budget et une troisième pour visualiser les indicateurs de tous les paramètres (production et consommation d’électricité, accès aux soins etc…) Tout celà accessible via des menus et sous menus sélectionnables simplement avec votre stick gauche. Il faut un petit temps d’apprentissage  pour exceller dans la navigation mais la conception est assez logique et claire. Vous n’échapperez cependant pas aux erreurs de sélection en voulant aller un peu trop vite et au fur et à mesure que vous débloquerez tous les menus. On aurait tout de même aimé pouvoir voir en permanence des indicateurs importants comme les ratios production/consommation d’eau et d’électricité sans devoir changer de palette et de menus au beau milieu de la création d’un nouveau quartier.

Après plusieurs heures, il nous a semblé que le jeu était moins punitif que Cities: Skyline auquel j’ai joué il y a quelques années et où je me retrouvais très vite à court d’argent. L’équilibrage de Cities: VR laisse je pense un peu plus de liberté au joueur que son ainé. Les habitués du genre pourraient donc se retrouver un peu frustrés par un manque de challenge d’autant que le jeu ne propose pas différents niveaux de difficulté avec plus ou moins de budget pour débuter par exemple.

Verdict : 7/10

En conclusion, nous pouvons dire que même si Cities: VR est une belle réalisation, l’intérêt de jouer à un tel jeu en réalité virtuelle est selon nous, assez limité. Il est forcément moins pratique à jouer, moins complet, moins beau et avec des maps plus petites que Cities Skylines tout en étant vendu au même tarif. Seuls les amoureux des jeux de gestion ne disposant pas de PC pourront donc s’y retrouver tandis que les autres seront certainement frustrés. Les développeurs ont tout de même réaliser un beau travail et des joueurs y trouveront certainement leur compte avec plusieurs heures de jeu devant eux et des améliorations gratuites déjà prévues pour l’avenir.

NOTATION
TEST Cities: VR
7
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